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Hash Lab #5 : Le Haschish Afghan

Longtemps synonyme de qualité et de puissance, il s’est raréfié durant les années 90, puis est un peu revenu sur le devant de la scène en 2009/10. Sa réputation en Europe a souffert de la monté en puissance des autres hashs et de l’évolution des techniques de fabrication « homemade » permettant d’obtenir des produits bien plus puissants sans sortir de chez soi. Sa qualité « réelle » a aussi un peu diminuée au fil du temps avec la prolifération des cultures de cannabis à travers tout le pays. Longtemps le hash a été la chasse gardé de la région nord du pays (Balkh, Mazar-i-Sharif), le long de la grande crête d’Himalaya, aux abords du Cachemire et des montagnes de l’Hindu Kush. On dit même qu’il se pourrait que ça soit le berceau historique du haschisch.

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Depuis que les américains sont en opération dans la région, de nombreuses statistiques, relevés et sondages ont été faits, on sait maintenant que la culture de cannabis prend le pas sur l’opium en terme de rentabilité, et que les régions du sud se mettent elles aussi à cultiver du cannabis, seul hic, leur techniques pour récupérer le pollen (la garda) n’étant pas aussi rigoureuses qu’au nord, essentiellement pour des raisons de rendement, la qualité général du hash s’en trouve altérée.

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Les plants de cannabis afghans sont typé indica, trapus et dense, avec des feuilles vertes foncées arrondies et larges, sa résine possède de très bonne têtes glandulaires, idéales pour la fabrication de hash. La plus cultivée dans le pays est une pure landrace : la Mazar I Sharif, elle peut atteindre jusqu’à 3/4 mètre dans son milieu naturel, elle se récolte en hiver et est particulièrement bien adaptée aux conditions difficiles de cette zone aride et montagneuse quasi désertique.

Voici un tableau des différentes variétés d’afghanes cultivées dans chaque régions :

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Les paysans vendent la plupart du temps leur garda (le pollen issue du tamisage) aux négociants directement à la fin de la récolte, ce sont les négociants qui se chargeront du processus de transformation en hashish. Dans de très rares cas les paysans ne vendent pas leur garda et préfèrent l’affiner eux même dans des peaux de chèvres ou de moutons (comme au Pakistan) ils appelleront cette garda ainsi affinée le « Gharak ».

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Un sondage américain très complet de 2009 nous apprend qu’il y a sur le marché trois qualités principales de garda et qu’elle se négocie aux prix suivants :

Garda de 1ère qualité : US$ 58/kg
Garda de 2ème qualité : US$ 38/kg
Garda de 3ème qualité : US$ 20/kg

Sur plusieurs graphiques du sondage on note la présence d’une quatrième qualité de garda, mais ni les tarifs, ni les quantités produites ne sont disponibles.

Il est à noter que le rendement kg/ha de garda que les afghans réussissent à obtenir est largement supérieur à celui des marocains.

Trois techniques de fabrication :

1) La technique de fabrication traditionnelle afghane, longue et fastideuse :

Tout d’abord il faut raffiner une garda de premier choix pour obtenir de la garda dites Jooshi, 25 kg de garda de 1ère qualité « classique » donneront 14kg de garda Jooshi.

Deux personnes sont nécéssaires pour produire du hash ainsi : La 1ère prend de la garda au creux de la main et allume une flamme, tandis qu’une autre égraine de la garda par dessus la flamme, le processus sera répété plusieurs fois jusqu’à obtenir un mélange mou, collant et compacte. Cette pâte est ensuite pressée et roulée à la main jusqu’à ce qu’elle devienne totalement molle, en se solidifiant elle prendra sa couleur brune/verdâtre. On appellera alors le hash obtenu :  le Jooshi Hash, aka Balkhi hashish ou bien encore Sherak-i-Mazar (le lait de Mazar). Cette technique augmente beaucoup le cout de production, mais comme la qualité est au RDV la demande l’est aussi :). C’est le top qualité des Afghans.

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2) La technique mécanique :

Utilisée principalement par les négociants, elle semble être apparue depuis une dizaine d’années. Les machines qui ont été observées pendant le sondage sont de fabrication pakistanaise, elles permettent de transformer la récolte de 0.2 hectare en hash en 4 à 5 heures. La garda est glissée par le haut de la machine puis est pétrie et battue par un axe en spirale motorisé. Le pétrissage et le battage font chauffer la garda qui prend alors une couleur foncée. Un deuxième passage est effectué afin d’obtenir un produit plus mou et homogène, le hash. C’est à ce moment que le hash est coupé si il doit l’être. Ensuite l’ouvrier prend un moule carré et fabrique les plaquettes de 1kg ou de 200 et de 100 grammes que l’on rencontre le plus souvent en occident.

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3) La technique à la main du sud :

Une seule personne suffit, il faut tout d’abord malaxer de la guarda dans sa main jusqu’a qu’elle forme une masse, si la garda utilisée est de première qualité il ne faudra pas rajouter d’eau ou de thé, les trichomes s’assembleront sans problème. Alors que si c’est une garda de moindre qualité l’ajout d’eau ou de thé permettra de la rendre plus homogène. Une fois la masse obtenue, elle est chauffée délicatement sur une petite flamme. L’opération peut être effectué plusieurs fois à la suite pour obtenir la texture, la couleur et l’odeur qui en feront du hash. Cette technique est elle aussi fastidieuse et n’est utilisée que par les paysans du sud pour la production locale.

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Même si il est quasi toujours noir à l’extérieur (il peut aussi devenir gris en s’oxydant, ou provenir d’une garda exceptionnelle lui donnant une couleur marron claire avec des reflets rouges), sa couleur intérieur va dépendre de tous les facteurs habituels comme la variété des plants utilisés pour obtenir la garda, la taille du tamis, la durée et l’humidité de la saison, ect… L’afghan « commercial » lui est habituellement noir à l’intérieur comme à l’extérieur.

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Avis perso : Un bon hash Afghan a un gout épicé, voir même très épicé, et son odeur est légèrement poivrée. Sa fumée est assez forte, et son effet même si il peut se faire attendre un peu est très fort et prononcé : mi euphorique et mi relaxant/sédatif. Je ne comprend pas pourquoi il est passé de mode, cela faisait un tel changement quand on est habitué à la weed et au marocain. Peut être est ce à cause de sa couleur noir qui permet beaucoup d’abus au niveau de la coupe.

L’afghan de base que l’on trouve de temps à autre en France ( souvent nommé à tort super afghan ou royal afghan) se caractérise par une couleur noir à l’extérieur comme à l’intérieur, c’est de l’afghan totalement basique fabriqué à la machine et surement avec une garda de niveau 3, avec forcement un additif liquide pour pouvoir obtenir une pâte homogène, il reste cependant puissant et agréable à fumer. Si il n’est pas noir à l’intérieur, mais qu’il est verdâtre, il y a de fortes chances pour que ça soit du pakistanais et non de l’afghan de 1ère qualité qui peut effectivement aussi être vert ou marron foncé à l’intérieur. Vous l’aurez deviné, le Royal Afghan ou le Super Afghan sont tout simplement fabriqué avec de la garda de 1ère qualité et avec une technique traditionnelle, ils se font de plus en plus rare en dehors du pays.

Bonus 1 : Les photos d’un ballot de 20kg de hash afghan premium qualité, miam.

Bonus 2 : la vidéo amateur de militaires américains perdus au beau milieu d’une plantation afghane:

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